La dernière cache A.P.E, par Kirdec


France Geocaching

En 2001, quatorze géocaches ont été implantées dans différents endroits de la planète en collaboration avec 20th Century Fox afin d’appuyer le film Planet of the Apes. Chaque cache représentait une histoire fictive dans laquelle des scientifiques révélaient une Évolution Alternative des Primates (A.P.E). Des boîtes de munitions affichant des marques particulières ont servi à la fabrication de ces caches. Chaque cache comportait un accessoire original du film. Seule une cache Projet A.P.E existe encore aujourd’hui. Elle se situe au Brésil, dans la jungle.

ape

L’idée et l’organisation

L’idée de loguer cette cache unique au monde datait de quelques mois déjà lorsqu’au mois d’août les choses ont enfin commencé à se préciser. Nous avions enfin une date de départ pour Sao Paulo : nous décollerons donc le 23 octobre 2014 à 23h30.  Nous savons que le temps nous sera précieux sur place car nous ne resterons que 57h25 au Brésil, pas une minute de plus.
L’organisation en amont ne fut pas une mince affaire. Aucun de nous trois n’ayant la franche envie de conduire plusieurs centaines de kilomètres au Brésil, de Sao Paulo jusqu’à Ribeirão Grande, ville la plus proche de la A.P.E. Nous avons donc tenté de trouver un itinéraire en bus.
Les recherches furent longues et vaines car il faut presque une journée complète pour y arriver en transport en commun, et autant pour repartir. Vu notre timing plus que serré : c’est mission impossible. Nous décidons donc de prendre notre courage à deux mains : une voiture de location est réservée.
Deuxième étape, et non des moindres, trouver un hôtel sur place. Les hôtels dans cette région sont une denrée rare. Il n’y en a que trois dans le secteur ! D’ailleurs ce ne sont pas des hôtels, mais des lodges. Celui situé au plus proche de la A.P.E est complet, il y en a un autre à 5km et un autre à 18km. Naturellement, nous choisissons le plus proche, il ne reste qu’un lodge de libre, nous réservons donc immédiatement.
Tout nous semble désormais prêt, c’est parti !

Em busca do APE

Nous arrivons donc à notre hôtel de Sao Paulo au petit matin du 24 octobre après un vol de nuit de presque 11h. Nous prenons le temps de déguster un bon petit déjeuner, de prendre une bonne douche revigorante et de bien vérifier nos bagages pour la jungle. Une fois parés, nous nous retrouvons à la réception où un taxi nous attend pour nous conduire chez Hertz.
On peut dire que chez Hertz à Sao Paulo, la rapidité n’est pas de mise, il nous a fallu presque une heure entre l’arrivée au comptoir et la remise des clefs ! Une fois la voiture en main, un petit stress se fait ressentir pour sortir de Sao Paulo, ville célèbre pour ses embouteillages monstrueux !
C’est le départ.
Nebola a chargé l’itinéraire dans son GPS. Evid3nce est au volant. Nous sommes concentrés.
À notre grand étonnement, nous mettrons à peine 30 minutes pour sortir de Sao Paulo et bénéficier ensuite de routes fluides et en bon état. Il y a une série de caches tradi sur 200km kilomètres intitulée « Em busca do APE » qui part de Sao Paulo jusqu’à Riberão Grande. Du coup comme ça roule bien et que le stress est retombé, nous décidons de faire d’innombrables stop pour en loguer tout au long du chemin malgré un bon 30% de DNF.
Nous décidons de loguer par nos initiales qui constitueront notre nom de Team : KEN ! Un amusant hasard lorsqu’on sait que l’avatar de Kirdec est un Ken ! Nous ferons même un crochet vers un village nommé Itapetininga pour faire le FTF sur une cache posée au mois de juillet !
Notre périple pour arriver jusqu’à Ribeirão Grande aura donc duré presque 6 heures ! Le fait surprenant durant ce trajet c’est que le lodge a téléphoné 13 fois sur le téléphone de Kirdec afin de savoir à quelle heure nous allions arriver. Kirdec comprend avec difficulté ce que l’interlocuteur veut lui dire à cause d’un mauvais écho dans le téléphone, dès qu’il parle, il entend sa propre voix en écho au moment où l’interlocuteur répond. Ce n’est pas un dialogue de sourd mais presque. Mais pourquoi appeler si souvent pour poser la même question ? Depuis le début de la journée nous leur expliquons que nous arriverons avant 20h….C’est étrange…Mais nous allons vite comprendre pourquoi…

Ribeirão Grande

Après 6 heures de drive-in-géocaching, nous atteignons notre but de la journée : Ribeirão Grande.
La ville est de taille moyenne, la nuit commence à tomber, il est 19h passée. La fatigue se fait ressentir. Le lodge continue à appeler sur le téléphone de Kirdec qui ne répond plus car il ne sait plus quoi leur répondre.
À Ribeirão Grande le temps passe mais nous ne trouvons pas la direction du lodge malgré quelques panneaux indicatifs.
Un habitant de Ribeirão Grande nous aide à trouver notre route…..ou plutôt notre piste !!!!
Finies les belles routes bitumées et l’éclairage public, nous commençons à nous enfoncer vers une piste en terre battue dans la jungle. La nuit est désormais vraiment tombée, la brume aussi. Le lodge essaye encore et toujours d’appeler. Ça commence à nous inquiéter. Il nous reste 25 km de piste en terre à parcourir dans la nuit. Nous n’avons pas de 4×4 mais une voiture citadine. Étranges sensations. Les bruits nocturnes de la jungle sont un peu couverts par le bruit du moteur mais nous les entendons quand même. Nos barres de réseau sur nos téléphones s’amoindrissent au fur et à mesure que nous progressons dans la jungle jusqu’au moment où, après une dizaine de kilomètres dans la jungle, nos téléphones affichent tous « réseau indisponible ». Nous voici donc coupés du monde, dans la nuit, dans la brume, dans la jungle, et seuls.lodge
Après une quinzaine de kilomètres, nous arrivons alors devant un grand portail en bois avec un écriteau affichant « merci de refermer derrière vous ». Nous pensons alors être arrivés. C’est pourquoi nous sommes surpris, plusieurs kilomètres après avoir passé et refermé ce portail, de toujours n’avoir ni lodge ni lumière en vue….mais toujours et encore de la jungle et la brume pour seul décor.
Après 25 kilomètres nous apercevons enfin l’entrée du lodge, enfin ! Nous voici un peu rassurés !

Malgré cela, nous ferons encore quelques kilomètres avant d’arriver au parking. C’est à ce moment-là que nous comprenons l’importance des nombreux appels du lodge. Un homme et une navette nous attendent sur le parking où nous devons laisser notre voiture. Mais depuis combien de temps cet homme nous attend-il ?? Par gène, nous ne lui poserons pas la question. Il est souriant. Il nous aide à charger nos bagages dans la navette et nous conduit au lodge. La route est de plus en plus étroite et sinueuse. Nous sommes bien heureux de ne plus avoir à conduire.

Paraiso Eco Lodge

L’arrivée au lodge est atypique. Nous sommes dans la jungle. Il n’y a plus de bruit de moteur. Nous entendons alors la vie des animaux qui nous entourent sans les voir. Le décor semble somptueux mais la nuit ne nous permet que de l’imaginer pour le moment. Le moment est magique. Il y a la nature et nous. Adieu internet, wifi et téléphone. Rien ne passe ici. Nous sommes seuls, sereins et détendus.

lodge dehors
Nous prenons possession de notre lodge. Il est somptueux, tout en bois, sur pilotis, avec un grand confort intérieur, nous sommes ravis au plus haut point. Nous n’y restons qu’un petit quart d’heure et décidons d’aller au restaurant avant que ça ferme. Le dîner qui nous a été servi était vraiment de qualité.
La fatigue ressentie après le restaurant est insurmontable. Nous regagnons notre lodge pour une bonne nuit car ça fait presque 30 heures que nous sommes debout !

Le réveil est magique, la vue de jour s’offre enfin à nous. Nous en prenons plein les yeux. De la nature à perte de vue. Il ne doit même pas y avoir une dizaine de lodges. Du coup, même si c’est complet, il n’y a personne ! Nous avons vraiment le sentiment d’être privilégiés.

lodge vue

Parque Estadual Intervales

Après avoir pris des forces autour d’un copieux petit déjeuner au restaurant du lodge et après avoir fait une dizaine de tentatives de paiement par carte bancaire pour notre nuitée ( le terminal CB n’arrivait pas à se connecter ) nous replions bagages direction le Parque Estadual Intervales, lieu où se cache la APE, but premier de notre voyage.
C’est reparti pour plusieurs kilomètres de routes sinueuses et cabossées dans la jungle pour atteindre le parc naturel. Nous ferons encore des stops en chemin pour trouver des caches du trail « Em busca do APE ». Nous ferons encore pas mal de DNF, la série semble peu entretenue. Nous trouvons parfois seulement le support de la cache. Ce n’est pas grave, on continue à avancer.
Une fois arrivés dans ce magnifique parc naturel, un panneau vante le fait qu’il n’y ait pas eu d’accident ici depuis plus de 500 jours, on ne sait pas si cela est censé nous rassurer !
Le parc est garni de 7 types de caches différentes : tradi – multi – mystère – earthcache – letterbox – wherigo et la APE.
Cette diversité intéresse beaucoup Evid3nce qui n’a pas encore atteint 7 types de caches différents trouvés en un jour. Ce sera chose faite en fin de journée.

oiseau
Nous commençons par une tradi toute proche de l’endroit où nous avons parqué la voiture et nous enchaînons sur la seule et unique multi du parc. Après quelques calculs rapides nous nous dirigeons vers le final où Nebola déniche rapidement la cache : première petite victoire de la journée car le log précédent était un DNF, et c’était la seule multi !

Il est maintenant temps de s’éloigner du parking pour nous diriger vraiment en terrain hostile : la jungle, nous voilà !! Nous restons des heures dans la jungle à la recherche de plusieurs caches tradi. Les cotations terrains sont élevées et méritent vraiment leurs étoiles. Nous ferons parfois de grands détours d’une cache à l’autre tellement le « mode sanglier », bien connu des géocacheurs, est ici inenvisageable. La forêt tropicale est trop dense et trop dangereuse pour de telles prouesses.
Deux de ces caches tradi ont été particulièrement périlleuses.

La GC3W4FW : Mirante (Viewpoint) : une sacrée ascension pour arriver jusqu’ici ! Pas loin d’une demi-heure de montée abrupte et sinueuse. Cependant la récompense fut de taille : nous surplombons la jungle, la vue est extraordinaire, unique, nous sommes sans voix, émerveillés. Nous entendons cette Rain Forest qui grouille de vie et voyons des rapaces tournoyer au-dessus de ce décor digne d’un reportage d’Ushuaia. Une fois qu’Evid3nce eut trouvé la cache, nous décidons de pique-niquer ici, ça nous repose et l’endroit est idéal.

surplomb

Nous décidons ensuite d’enchaîner sur une autre ascension pour loguer la GC4KMDF : Mirante Velho.
La fatigue n’aidant pas, cette deuxième ascension est beaucoup plus difficile que la première et nous éloigne pas mal de la APE mais nous sommes motivés.
On y va à un bon rythme malgré tout, Evid3nce en tête. Du coup c’est lui qui arrivera en haut le premier et qui aura l’honneur d’une frayeur en se retrouvant face à face avec un varan lors des recherches de la cache ! Kirdec arrive le dernier mais c’est lui qui trouve la cache. On est bien content de l’avoir trouvé celle-là car le dernier log datait du 3 décembre 2013 ! Et on a compris pourquoi !

Le temps passe vite alors nous décidons de nous concentrer désormais sur la APE car nous nous en sommes bien éloigné depuis. Nous sommes maintenant à plus d’1,5 km d’elle et nous savons que nous avons deux ascensions à refaire pour retrouver le bon chemin sans pouvoir couper par d’éventuels raccourcis. Nous estimons le temps à plus d’une heure car même s’il n’y a qu’un kilomètre et demi à faire à vol d’oiseau, nous sommes désormais conscients de la réelle difficulté d’avancement.
Nous ferons cependant une pause déguisée à mi-parcours pour poser une cache. Nous espérons qu’elle sera validée par le reviewer car nous avons voulu laisser une trace de notre passage ici car nous sommes les premiers français partis à l’assaut de cette cache Projet APE pourtant en place depuis 13 ans !
Les ascensions du retour ont vraiment été très physiques. De retour au Mirante Viewpoint, on n’en peut vraiment plus, Evid3nce est en hypoxie, Kirdec ne parle plus et s’écroule de fatigue au sol une fois en haut et Nebola est au bord de l’épuisement physique.
Là c’est un moment difficile. Il fait très chaud. Les araignées géantes et autres insectes démesurés ne nous font pas de cadeau et il nous reste un sacré chemin à parcourir avant la APE. Nous décidons alors de faire une pause salvatrice, de nous hydrater, d’absorber du sucre et de reprendre notre souffle.
Un quart d’heure plus tard, nous sommes reboostés et nous reprenons notre route. Nous loguerons encore quelques caches en chemin, mais cette fois-ci, plus de détour ! On ne logue que celles qui sont vraiment sur le chemin de la APE.

La Cache Projet A.P.E

Voilà presque une heure que nous avons quitté le Mirante Velho et nous arrivons à une intersection qui ne semble pas en être une tellement le chemin que nous devons prendre pour parcourir les 600m qui nous séparent désormais de la APE ne ressemble pas à un chemin. C’est la jungle, la vraie, épaisse et luxuriante. On y va. En mode Indiana Jones, la victoire est au bout du « chemin ». Nous progressons petit à petit entre arbres tombés et toiles d’araignées mutantes. 600m c’est parfois long, mais nous sommes surexcités, rien ne nous arrêtera.
500m…400m…300m…200m…100m…50m…25m…10m…5m…1m…
« Bah elle est où ? »
« Oh !!! Regardez à droite !!! » s’écrit Nebola.
« Oh mon Dieu !!! Elle est énorme !!! »
« On y est !!! On y est !!! C’est incroyable !!! »

cache ape

L’émotion est à son comble. On s’approche de la cache. On a l’impression de découvrir le trésor des Templiers ou le tombeau de Toutankhamon. D’un seul coup on a 8 ans. Kirdec ouvre la boîte, moment de suspens. Qu’y-a-t’il dedans ?
Nous sortons un sac rempli de trackables, d’autres jouets en pagaille, un super logbook, un tampon-encreur-souvenir estampillé « The Last APE Cache » accompagné de rouleaux de papier pour pouvoir se ramener un souvenir.
Nous restons un moment sur place pour profiter de l’instant présent, pour faire films et photos et pour procéder aux échanges de trackables.
Plusieurs semaines de préparation, des milliers de kilomètres parcourus en avion, des centaines de kilomètres parcourus en voiture et plusieurs kilomètres parcourus à pied dans la jungle pour arriver ici, à notre but ultime. Une grande joie est ressentie. Un accomplissement. Nous sommes tout simplement heureux.

logbook ape

Et après ?

Nous quittons donc le PZ de la APE. Tout ce que nous ferons à partir de maintenant sera considéré comme du bonus. Nous restons encore quelques heures dans le parc naturel et nous nous efforçons de continuer à trouver une variété de caches différentes pour Evid3nce. Nous trouvons encore quelques tradi, quelques mystères (certaines résolues depuis la France en amont et d’autres à faire sur place) et trois earthcaches. Pour atteindre l’unique Letterbox du parc il faudra encore faire pas mal de marche et nous avons  eu la chance de voir un Toucan en chemin.
La fin de la journée approche et il est grand temps de se pencher sur la seule wherigo présente ici.
La cartouche est lancée et Kirdec, en tête, avance à grands pas. Il y a visiblement 5 étapes, la wherigo fait environ 1,5 km.
Kirdec a pris beaucoup d’avance, plongé dans son iPhone, il avance dans les hautes herbes les yeux rivés sur l’écran lorsqu’il entend un bruit suspect. Il se fige et voit soudain un varan devant lui, dans les hautes herbes. Il panique un peu alors il frappe dans ses mains pour l’effrayer. Le résultat ne fut pas celui escompté : le bruit du claquement à fait sortir 3 autres têtes de varans des hautes herbes ! C’est infesté de varans ici ! Moment de frayeur et demi-tour ! Kirdec préfère finalement attendre ses camarades !

varan
Heureusement nous conclurons la wherigo par la découverte de la cache finale en croisant d’autres animaux plus sympathiques : des escargots géants, des caméléons, des perroquets et d’autres oiseaux multicolores.

camé

Le retour

Nous quittons le parc naturel en toute fin d’après-midi, peu de temps avant le crépuscule. C’est reparti pour 25km de terre battue sur laquelle, inlassablement, nous nous arrêtons pour loguer des caches. Une fois la nuit noire bien tombée, et toujours sans aucun réseau téléphonique, nous sommes peu rassurés de croiser en chemin des habitants locaux déambulants dans les sentiers. D’où viennent-ils ? Qui sont-ils ?
C’est Kirdec qui conduit à ce moment-là. Les caches sont difficiles à trouver.
Nebola et Evid3nce sont en train de chercher une cache quand ils entendent soudain des coups de feu au loin et aperçoivent des phares se rapprocher rapidement de la voiture. Dans un moment de panique ils courent jusqu’à la voiture où ils demandent à Kirdec qui n’a rien entendu de partir illico.
Notre imagination nous a joué des tours, il s’agissait simplement d’un deux-roues au pot d’échappement défectueux. Il n’empêche que l’endroit de nuit est peu rassurant, les bruits sont amplifiés par le silence et la nuit. Nous sommes fatigués et plusieurs heures de routes nous séparent encore de Sao Paulo.
Nous décidons d’arrêter maintenant. Les plus belles choses ont toujours une fin. Nebola prend le volant direction Sao Paulo.
L’aventure est terminée, la route du retour se passera encore mieux que celle de l’aller et nous rentrons avec l’esprit chargé de beaux souvenirs.
24h plus tard nous atterrissons à Paris. La boucle est bouclée. Nous avons atteint notre but. Ça y est : des français figurent enfin dans le logbook de l’unique Cache Projet APE restante au Monde.

 » C’était une aventure de géocaching extraordinaire ! Du one-shot puisqu’il n’existe plus qu’une seule cache de ce type ! La jungle ! La nature ! Le lodge ! La cache ! Je n’oublierai jamais cette cinquantaine d’heures passée au Brésil. Un grand merci à Evid3nce et Nebola d’avoir été assez fous pour bien vouloir m’accompagner ! Sans eux ça aurait été mission impossible ! Le géocaching nous permet vraiment de pouvoir vivre des moments exceptionnels !  » Kirdec

« Quelle aventure inoubliable, pendant quelques heures on avait l’impression d’être dans la peau d’Indiana Jones à la recherche d’un trésor enfoui au fond de la jungle ! Quel bonheur de voir autant d’espèces animales dans leur habitat sauvage (mis à part les araignées), la forêt à perte de vue, ce qui procure une immersion parfaite. J’attends avec impatience les prochaines aventures de la K.E.N Team, merci Kirdec et Nebola pour cette expérience qui restera à jamais gravée dans ma mémoire de Géocacheur ». Evid3nce

« La jungle, les animaux, l’aventure et la découverte de la dernière APE cache du monde ; tout fut fabuleux. Un poil intense d’un point de vue organisation sur place car on avait moins de 60h entre le moment où l’avion se posait et le moment où le suivant décollait ! Je me souviendrai toujours de notre course poursuite dans la jungle avec des dénivelés à faire pâlir les bouquetins. Merci à Kirdec et à Evid3nce d’avoir été là, nous avons pensé, réagit, résolu, couru et fêté la découverte comme une vraie équipe. A de nouvelles aventures très bientôt. » Nebola

Lien vers le projet APE : http://www.markwell.us/projectape.htm

Mega-Event Catalunya, par Spirou43


France Geocaching

Voici un article de Spirou43 sur le Mega-Event Catalunya d’octobre 2014, réputé pour ses beaux moments de géocaching, ses belles rencontres, ses animations, et pas de course effrénée à la cache pendant le Méga… Merci à Spirou, et à Buckfast qui nous a mis en relation.

Quelques photos ci-dessous, la vidéo du flash-mob, et surtout le récit complet des aventures des « teams de la coloc » en PDF est accessible en cliquant sur ce lien ou sur les photos de l’article : Article Méga.

La salle…

La paëlla…

Le CITO…

Le flashmob…

Le concours photo…

Garenkreiz, géocacheur depuis 13 ans


France Geocaching

Salut à tous, ce blog n’est plus alimenté régulièrement, mais il accueillera toujours les contributions amicales de chacun, alors si vous l’appréciez, continuez à le faire vivre… et en voici une belle contribution, celle de Garenkreiz, un des pionniers du géocaching en France. C’est un géocacheur qui peut paraître atypique mais j’ai été captivé par le bon sens et la sagesse de ses réflexions… à lire et à méditer.

Tu as débuté en août 2001 : 1er ou parmi les 1ers français ?

Je ne suis pas le premier pratiquant français : Mathias Herberts a placé la cache « Géo Cache du Moulin de Keriolet » le 2 août 2001. Mais un certain « Lucien », venu des Etats-Unis avait auparavant placé une autre cache « .. Therefore I am » à proximité du Penseur de Rodin; avec ce prénom, il est peut-être français mais comme il n’a plus eu ensuite aucune activité géocachique en France, le doute subsiste. Par contre, je suis peut-être le plus ancien encore actif en France ! Ceci étant, il y a quand même eu 18555 personnes à créer avant moi un compte sur http://www.geocaching.com !

Comment étaient les débuts ?

Il y avait sans doute une part plus grande d’incertitude : pour le placeur, c’était un peu comme jeter une bouteille à la mer, sans certitude d’avoir un résultat. Par contre, il y avait le sentiment d’avoir à sa disposition un immense terrain de jeu à utiliser. En tant que chercheur, c’était l’inconnu pour savoir où le placeur voulait nous emmener et pour quelles raisons. On était encore dans une phase de test du principe du jeu, la technologie et le web collaboratif étant moins répandu qu’aujourd’hui : les premières fois, on se demandait si cela allait vraiment marcher. En bonus, on avait plus que maintenant, avant les forums, les articles de presse, les reportages télé, le marketing des fabricants et des professionnels du tourisme, le sentiment de participer à une activité initiatique, au sein d’une sorte de société secrète. Il fallait découvrir tout seul les règles, les codes, les usages : maintenant, quand on débute, on sait qu’on peut compter sur l’expérience de dizaines de joueurs qui pratiquent déjà. Le sentiment d’entretenir une double vie, en gardant l’anonymat dans le jeu et en n’en parlant pas autour de soi, étant sans doute plus fort que maintenant : certains géocacheurs connaissent maintenant mon identité et des collègues savent que je pratique ce jeu !

Un des aspects motivants au début était, en ce qui me concerne, la conjonction de plusieurs facteurs : un attrait certain pour les cartes depuis l’enfance, le goût de l’informatique depuis la fin de l’adolescence, un esprit d’innovation par profession et un atout pour motiver les enfants pour les sorties et la randonnée ! Le géocaching est donc apparu très opportunément et semblait plein de promesses, même s’il était difficile à l’époque d’anticiper son développement et la richesse des pratiques qui se sont développées plus tard.

Quel matériel GPS avais-tu eu à l’époque ?

J’ai commencé avec un Etrex jaune que j’ai encore, acheté dans un magasin parisien bien connu spécialisé dans les activités de plein air. Relié à l’ordinateur par un port série (par la suite, j’ai dû acheter un convertisseur USB pour pouvoir continuer à le brancher sur les PC modernes), il était géré grâce au logiciel open source GPSMan, rustique mais fiable. On était loin des possibilités « paperless » des GPS modernes ou des smartphones : il fallait bien préparer ses sorties et ses vacances, la connectivité Internet étant moins courante qu’aujourd’hui. Par la suite, j’ai complété avec un téléphone Windows Mobile et les logiciels open source RichesseGPS puis Cachebox et après par un téléphone Android avec principalement Locus Map (dont je préfère l’ergonomie et la versatilité à celles de c:geo, pourtant en logiciel libre) !

12 géocacheurs dans le monde à avoir 14 ans de géocaching (statistique Project-GC restreinte à ceux avec +100 caches), en connais-tu certains ?

J’ai attendu 2012 pour participer à mon premier évènement, je n’ai donc pas eu beaucoup d’occasions de rencontrer les premiers géocacheurs. D’autant plus que la pratique en France était principalement le fait de touristes étrangers qui n’y passaient pas beaucoup de temps et qui n’avait pas l’occasion de chercher plusieurs de mes caches. J’avais toutefois repéré dans les logs un certain Anders Persson, suédois qui venait chez nous pratiquer le géocaching dans une tenue pour le moins exotique !

Il était plus facile de repérer les poseurs : VCube qui a rapidement semé dans le Trégor autour de ma première cache, Dersou un ami, Cybershot qui pose plus qu’il ne cherche (au moins avec ce pseudo), Les Gaulois… Puis les organisateurs d’évènements ou les administrateurs de sites web ou de forum : sTeamTraen, VNC, Eolas… Au bout de quelques temps, il y a eu une montée en puissance dans l’est de la France, l’Allemagne ayant attrapé le virus plus rapidement, puis dans le sud, en Provence notamment. La Bretagne a suivi avec, à un moment donné, une bonne progression des pseudos terminés par 29 (Soad, Daglama, Pierre…). Sans oublier bien sûr l’émergence des « reviewers » dont Moun10bike, le premier à épauler Jeremy Irish (fondateur de GroundSpeak), Habot, un des premiers francophones qui a fait un come back récemment sur le forum, Miguaine… Malheureusement je n’ai pas retrouvé les mails reçus des premiers reviewers dont certains sont maintenant employés par Groundspeak !

A quoi ressemblait geocaching.com ?

Bien sûr le site était beaucoup plus sobre qu’aujourd’hui mais j’ai du mal à m’en souvenir, mes archives informatiques sur ce sujet ne remontant pas au delà de 2004 (un appel à témoin est ouvert pour retrouver des captures d’écran plus anciennes). Je pense que les éléments fondamentaux ont été mis en place rapidement (photos, téléchargement GPX, cartographie sommaire). Par contre, la version française a mis du temps à arriver ! De même que les points permettant de voter pour ses caches favorites et qui sont bien utiles maintenant pour choisir les caches intéressantes à chercher. Au début, j’étais un peu réticent vis-à-vis des clauses de propriété intellectuelle de Groundspeak sur la description des caches (j’aurais préféré qu’une structure associative ou une communauté inspirée de l’open source gère la base des caches) et je ne suis donc devenu Premium Member que beaucoup plus tard : je ne suis donc pas Charter Member !

Geocaching.com en 2004

Geocaching.com en 2004

Presque 800 caches en 13 ans :-) « Dilettante mais persévérant » comme tu le dis sur ton profil ?

Au départ, sauf à utiliser beaucoup de carburant fossile et générer beaucoup de CO2, il n’était pas facile de « faire du chiffre ». Ensuite cela a été progressivement de plus en plus facile quand on habitait dans l’est, dans le sud-est ou en région parisienne. Personnellement, j’ai plutôt tendance à choisir mes destinations de sortie pour leur intérêt propre puis de regarder ensuite les opportunités de géocaching. Pendant des années, nos vacances familiales se sont passées dans des régions assez pauvres en caches, c’est pourquoi j’ai été amené à moi-même ensemencer certains coins et donc à plutôt poser que trouver ! De plus, j’ai eu entre 2004 et 2008 une période de « creux »: c’est redécouvrant le site français mis en place par VNC et le forum associé que je me suis remotivé pour cette activité. Entre temps, le nombre de caches avait bien progressé et il était alors plus facile de pratiquer ! A l’époque, je n’aurais jamais imaginé réussir à trouver plus d’une cache par semaine en moyenne sur une telle durée, même si cela apparaît maintenant comme un rythme « pépère » pour certains !

En plus il faut ajouter plus de 120 caches non trouvées qui génèrent aussi d’excellents souvenirs comme par exemple une visite du site de Tintagel ou le Sphinx à Blô : je trouve d’ailleurs qu’on devrait pouvoir mettre des points favoris à une cache non trouvée.

Lac de Gaube

Ton record de caches trouvées par jour : 20, te sens-tu atypique ?

Quand je me promène, je préfère regarder le paysage et profiter de l’environnement que de passer trop de temps à me creuser la tête ou ratisser le sol dans un rayon de 15 à 20 mètres. Et au bout d’une dizaine de caches d’affilée, je commence à saturer. Bref, il est sûr que je n’ai pas un profil de « power trailer » ! Ce qui me fait rêver, ce sont plutôt les caches perdues qui nécessitent des approches longues et des bivouacs !

En pratiquant, il me semble qu’on fait moins la collection de smileys que de bons souvenirs (d’où ma tendance à ajouter des photos à mes logs pour mieux ancrer la mémoire) : quel intérêt y a-t-il à trouver une cache dont on ne se souviendra plus dans quelques mois? Je parle bien sûr en tant que géocacheur tendance touriste, ce qui n’exclut pas une pratique plus orientée compétition ou sortie conviviale entre amis !

Chose rare aussi, tu as trouvé plus de caches Small que Micro !

Même si j’ai commencé par trouver des caches urbaines à Paris, ma préférence va de loin aux caches en pleine nature. Et comme je ne vois pas trop l’intérêt de faire des micros en plein bois (en général j’abandonne une recherche avant une dizaine de minutes, je ne suis pas persévérant sur ce point là), je dois inconsciemment faire le tri !

Tes caches favorites trouvées ?

J’ai de très beaux souvenirs de nos caches trouvées en famille lors de randos en montagne ou lors d’un voyage dans l’Ouest Américain (ah, le haut de Half Dome, le fond du Grand Canyon ou « The wave » quand nous avons eu la chance d’être tiré au sort pour avoir le droit d’y aller). Il y a aussi bien sûr les caches le long des côtes bretonnes, notamment s’il faut attendre la marée basse pour les visiter. On l’aura compris, pour moi, comme dans l’immobilier, il y a trois critères pour une bonne cache: 1) la localisation, 2) la localisation et 3) la localisation.

Dans la catégorie « Not found » ma préférée est la Sentinelle d’Authon qui m’a permis de découvrir in situ une sculpture d’Andy Goldsworthy, un artiste que je suivais depuis des années : je n’ai pas osé y toucher simplement pour trouver une petite boîte de plastique !

Sentinelle d’Authon

Tu as des caches placées depuis 2001 ! Elles résistent bien ?

Elles résistent plutôt bien en effet, même si ma réactivité n’est pas très forte en matière de maintenance. Il faut dire que j’ai commis plusieurs caches de vacances un peu loin de mes bases et que je ne peux garantir de pouvoir les visiter avant de longs mois ! J’ai déjà dû faire adopter une cache et j’ai bénéficié de maintenance collaborative à plusieurs occasions : un grand merci au passage aux trouveurs qui prennent la peine de faire des maintenances au pied levé et aux reviewers qui savent être compréhensifs.

La cache au Mont Saint-Michel « à l’ombre de la merveille », 240 favoris, 1600 found-it, ça fait plaisir, j’imagine ?

Oui, cela fait plaisir. Ayant commencé tôt, j’ai pu installer rapidement cette cache associée à un haut lieu touristique, cela permet d’être sûr de recevoir du courrier électronique, même si on n’atteint pas les records de visite des caches parisiennes qui trustent les premières places ! Mais ce qui me fait vraiment plaisir, c’est de faire sortir les gens des remparts et de leur faire découvrir le Mont Saint Michel sous un autre angle, loin de la foule, même si au fil des ans, la grève est de plus en plus fréquentée.

57 caches posées, dont un certain attrait pour les multis ?

J’ai longtemps posé des caches aux endroits où j’aurais aimé en trouver si le géocaching avait été plus répandu. Maintenant ce n’est plus la peine et la tâche des placeurs devient de plus en plus difficile, étant donné le nombre et la qualité atteints ! Personnellement, j’aimerais pouvoir continuer à placer au moins une cache par année de pratique pour avoir la collection complète depuis 2001, même si j’ai un peu triché en adoptant une cache de 2005. Il faut d’ailleurs que je pense sérieusement à celle de 2014, j’ai une idée de cache géologique à creuser, une première pour moi !

En ce qui concerne les multis, quand je me promène, avec ou sans géocaching, j’aime bien découvrir dans l’environnement des détails esthétiques, sympathiques ou insolites. En ce sens, les multis sont intéressantes pour inciter les géochercheurs à avoir l’esprit ouvert et leur éviter de garder les yeux rivés sur un petit écran ou sur leur compteur et à ne s’intéresser qu’à la zone finale.

Architectonic granites GC1W2HM

Que penses-tu de l’évolution du nombre de caches ces dernières années ?

L’évolution du nombre de caches est vraiment impressionnant, un bel exemple de croissance exponentielle d’une quarantaine de caches placées en 2001 à plus de 120 000 maintenant en France ! Avec un réel décollage à partir de la large diffusion des smartphones équipés de puce GPS. Dans certaines zones, la densité atteint des niveaux inimaginables en 2001 ! Est aussi très impressionnante la diversité des caches posées : il y en a maintenant pour tous les goûts même si personnellement j’ai du mal à comprendre l’intérêt de les multiplier excessivement le long de « power trails » ou de faire des caches mystère qui relèvent plus d’un exercice cérébral que de la découverte d’un lieu (surtout si celui ci n’a aucun rapport avec l’énigme et s’il faut passer plus de temps en chez soi que sur le terrain). Mais chaque placeur met en valeur un lieu ou apporte quelque chose de nouveau au jeu, le temps fera ensuite son œuvre de sélection naturelle.

Tu es aussi connu pour une superbe vidéo sur l’évolution des caches en France métropolitaine…

Ce type de représentation me semblait manquer sur le site de Groundspeak ou même sur le très intéressant site http://www.mides.fr d’Eolas qui conserve lui aussi une certaine vision de l’historique des caches. Cela permet d’avoir une perception spatiale et temporelle du développement rapide de notre activité. Et de se poser des questions sur ses éventuelles limites, heureusement bornées par la règle du dixième de mile (ou 161 mètres) ! Cela m’a fait plaisir d’avoir été copié dans d’autres pays après avoir mis le code source à disposition. L’idéal serait sans doute que ce type de représentation soit pris en charge par un site comme Project-GC.

Et l’évolution des géocacheurs, leur mentalité ?

A la base, je crois que les géocacheurs sont des gens ouverts, avec un esprit curieux de nature, toujours prêts à sortir de chez eux, des personnes a priori sympathiques donc. Les placeurs, quant à eux, peuvent être dans une démarche de partage, par exemple en se transformant en guides touristiques, ou de défi, pour inciter les chercheurs à se dépasser (certains grimpent, randonnent, rampent dans la boue, se faufilent dans des ruines ou se promènent la nuit dans les bois avec plaisir alors qu’ils auraient détesté faire tout cela, en d’autres temps, en portant un uniforme !). On est donc dans une logique d’échanges et d’interactions ludiques, même s’il peut y avoir parfois quelques dérives, inévitables dans une communauté qui s’agrandit rapidement.

Les motivations des joueurs restent très diverses et plusieurs types de pratiques coexistent: chacun peut y trouver son compte. Le développement de l’activité augmente sa visibilité et donc les risques de divergence ou de nuisance (par exemple l’impact bien connu sur les murs en pierres sèches): à ce titre, les forums et blogs peuvent être utiles pour expliquer les bonnes pratiques aux nouveaux qui n’ont pas encore bien saisi toutes les subtilités du jeu, y compris les règles de politesses qui garantissent de bons rapports entre les joueurs (comme éviter le fameux MPLC qui frustre souvent les poseurs !). Il ne faut pas non plus oublier qu’il peut y avoir des enfants parmi les pratiquants et donc garder en permanence une bonne dose de tolérance et d’indulgence dans les échanges et les journaux des caches.

J’ai le sentiment qu’il y a peut-être une baisse globale de la qualité du contenu des caches standard (c’est-à-dire non bricolées) sans doute à cause des risques de vandalisme ou de vol (des TB et géocoins notamment). Mais cette vision est peut-être due à l’absence d’éléments statistiques sur le sujet ou au fait qu’en France les gens discutent plus volontiers de ce qui va mal que de ce qui se passe bien !

« Following the salt farmers » GC1VEE8

C’était mieux avant avec des caches à +100km ou maintenant ?

A priori, il y avait autant d’endroits intéressants d’un point de vue naturel, culturel ou historique qu’aujourd’hui. Simplement, trouver ces endroits n’était pas aussi facile que maintenant où l’on peut faire apparaître très facilement sur nos écrans les tentantes petites icônes alentour. Autant de bonnes occasions pour sortir se promener, d’autant plus que l’empreinte carbone moyenne d’une recherche de cache a dû chuter avec la densification (même si globalement on est peut-être dans le cas d’un effet rebond typique en économie !). Et certaines caches bien faites valent sans doute à elles seules un déplacement pour les amateurs de bricolage ! Bref, on souffre maintenant plutôt de l’embarras du choix que de la frustration, sauf si on est tombé dans l’addiction profonde et qu’on a déjà écumé toute sa région.

Plus généralement, le géocaching fait partie des activités collaboratives qui ont émergé avec l’utilisation de toutes les technologies numériques, en doublant le monde réel par un univers virtuel d’informations, d’interactions ou de jeux. A ce titre il n’échappe pas à la démocratisation des usages et à la multiplication des possibilités. Et à une certaine irréversibilité qui n’autorise pas la nostalgie face au « progrès ».

Pour conclure, comment vois-tu l’avenir du jeu ?

Je suis a priori assez confiant dans l’avenir du jeu :

  • les règles de base sont très simples mais elles autorisent en fait une grande diversité des pratiques
  • des mécanismes de régulations assez légers sont en place pour orienter l’activité (site geocaching, reviewers, forum, associations)
  • le jeu a un volet un peu citoyen en contribuant à constituer une base de connaissance sur l’ensemble du territoire, avec de belles synergies à développer avec des initiatives comme Wikipedia, OpenStreetMap, Degree Confluence Project ou les sites sur le patrimoine comme Glad en Bretagne [patrimoine.region-bretagne.fr])
  • il n’y a pas encore trop d’enjeux financiers ni d’exposition médiatique trop forte.

Il faudra sans doute être vigilant pour éviter des pratiques irresponsables et un développement incontrôlé (poussé inconsciemment par les joueurs ou par Groundspeak qui en tant qu’entreprise commerciale doit bien entretenir sa croissance), développement qui pourrait engendrer une réaction de rejet de la part des autorités ou des propriétaires des terrains (comme les parcs nationaux, les forêts, les espaces urbains) et banaliser notre activité. C’est pourquoi je m’interroge parfois sur l’intérêt de continuer à faire de la publicité autour de ce jeu ?

Espérons aussi que le développement ne se base pas sur une surenchère technologique : chirps, caches accessibles uniquement aux drones, lunette à vision tête haute pour voir les caches en réalité augmentée, voiture sans chauffeur pour permettre à des robots androïdes de faire les trails au Névada, etc.?

Mais avant tout, je pense que le géocaching est un jeu qui contribue à préserver la part d’enfant en chacun d’entre nous et à réenchanter le monde: n’est-ce pas un très beau programme d’avenir?

100000 caches actives en France


France Geocaching« La géocache ne pousse bien que là où elle est heureuse » (citation détournée)

Nous avons dépassé récemment les 100 000 caches actives en France ! En même temps, on fêtait la millionième cache aux USA, mais quand même le chiffre reste impressionnant ;-) Je me suis donc demandé comment étaient réparties et avaient évolué ces 100 000 caches. Grâce au site de référence Geo-Map d’Eolas, toutes sortes de statistiques sur les caches et géocacheurs français sont disponibles.

 Les caches

Les tradis occupent une écrasante majorité, plus de 80% des caches, environ 10% de mysteries et 6% de multi-caches. En moyenne 15% des caches sont archivées, avec des disparités selon le type de cache:  les multis sont les plus archivées en ratio, les earthcaches le moins – cela s’explique peut-être par le fait que les multis sont les plus « délicates » (plusieurs points qui peuvent chacun disparaître) et aussi peu visitées, alors que les Earthcaches restent souvent actives même si le propriétaire ne valide plus les réponses envoyées par les joueurs.

caches totalité

L’évolution annuelle est impressionnante avec une progression à 2 chiffres (chiffres 2014 partiels)…

repartition

Toujours plus de caches créées chaque année, presque 30000 en 2013, soit 80 par jour (avec des pics à 150 !). On voit ici la charge quotidienne de travail des 7 reviewers pour la France…

 derniers mois

Les placeurs

Sans surprise, le nombre de placeurs augmente d’année en année…

placeurs

Statistique intéressante, le nombre moyen de caches par placeur n’est pas très élevé : il y a pourtant en France plus de 200 personnes qui ont chacune placé plus de 100 caches, mais cela est compensé par les milliers d’autres qui ont en placé peu.

caches par placeur

Les régions

La région Rhône-Alpes a dépassé les 10000 caches, grâce notamment au plus grand nombre de placeurs en France (+ de 1300) dont entre autres Vilcanota (+ de 700 caches placées). Ensuite, dans un mouchoir de poche, plusieurs régions très actives…

régions

La région Poitou-Charentes a le plus fort taux de tradis (91%), probablement lié à son power-trail. La Franche-Comté se démarque largement sur le taux de multi-caches (12%): Les amis franc-comtois, si vous avez une explication, je suis preneur :-) [EDIT : Alderic me signale à juste titre que GPS Safari avait créé une centaine de multi-caches dans la région]. L’Ile-de-France possède le record de mystery caches (quasi 20%), on aime se faire mal au crâne, semble-t-il !?!

types régions

On voit ensuite que c’est l’Alsace qui est la région la plus dense en caches selon la superficie, il faut dire que c’est une des régions les plus actives depuis le début du géocaching en France.

régions superficie

Par contre, par rapport au nombre d’habitants, c’est la Champagne-Ardenne qui se démarque avec 360 caches pour 100 000 habitants.

régions habitants

Au niveau des villes, Paris tient la corde, mais d’autres villes très dynamiques sortent du lot (clin d’œil aux copains  caennais !). Ici la superficie ne joue pas puisque la statistique est calculée avec un rayon de 5km, peut-être plus la densité d’habitants ou aussi les zones moins urbanisées où poser beaucoup de caches (parcs, bois…).  Et bien sûr, l’émulation entre placeurs…villes

Les pays

En Europe, l’Allemagne est largement devant, la densité de caches y est également très forte.

europe

Mais par rapport aux USA, plusieurs états ont des volumes comparables aux pays européens… normal en somme, notre jeu est quand même parti de là-bas ;-)

europe et USA

Mais tout ceci n’est que statistiques et nombre de caches,  il y a bien d’autres critères qui rentrent en jeu pour illustrer la pratique de notre jeu dans notre pays et nos régions… A vous de vous faire votre propre avis sur ces chiffres ;-)

Et surtout comme le dit le célèbre site : « It’s not about the numbers » !

Voir aussi Project-GC, Geo-Map, Géocaching en région dans le sommaire.

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