Bryan Roth, co-fondateur de Groundspeak

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Non, je vous rassure, je n’ai pas interviewé Bryan Roth comme pour Dave Ulmer 😉 Il s’agit seulement d’un interview datant de 2013, retranscrit par Clara Lavigne dans son mémoire dont je vous avais parlé le mois dernier, et que j’ai partiellement traduit un peu « à l’arrache » (car l’entretien est assez long). Vous trouverez les liens originaux en bas de page si vous le souhaitez. L’interview a été réalisé par un géocacheur allemand, donc ne vous étonnez pas que ce soit parfois très orienté vers l’Allemagne !

Bryan, quel est votre travail principal en ce moment?

 Mon travail principal, c’est d’aider à gérer l’entreprise. Ce sont les opérations, je travaille avec l’équipe ressources humaines et l’équipe financière. Je travaille avec toutes les équipes différentes, pour les aider à construire Groundspeak et servir la communauté.

Et les aspects légaux ?

Oui, je fais encore beaucoup de légal, mais nous avons maintenant une avocate dans l’équipe. Nous l’avons engagée il y a près d’un an, et c’est merveilleux, ça a changé ma vie de façon positive, parce qu’il y avait trop de travail à faire, et je ne pouvais pas tout faire. Elle est extrêmement occupée pour le moment. Elle m’a demandé « comment arrivais-tu à faire tout cela et tout le reste ?« , et je lui ai répondu « Je n’y arrivais pas ». Maintenant, nous sommes en mesure de travailler plus efficacement.

Nous sommes maintenant 12 ou 13 ans plus tard…

Oui, ça fait plus de 12 ans, et c’est la plus belle chose au monde. Je veux dire, pour moi, être impliqué dans la technologie et les loisirs en plein air est merveilleux. Mais le fait que nous changeons la vie des gens dans le monde d’une manière positive, en leur donnant quelque chose d’amusant à faire, leur donnant de l’exercice, leur permettant de se faire de nouveaux amis, d’interagir avec une communauté, c’est le meilleur genre de réussite. Quand les gens me demandent « avez-vous l’impression que vous avez réussi ? », je leur dis que, la première fois où j’ai eu l’impression d’avoir réussi, c’était probablement en 2003. Nous avons reçu un géocacheur qui nous a dit : « Je suis père d’une fille de 16 ans, il n’y a qu’elle et moi. Les deux dernières années, nous avons eu beaucoup de mal à communiquer. Parce qu’elle est une adolescente, une fille et que je suis un papa, cela devenait difficile. Maintenant que nous avons le geocaching, nous passons du temps ensemble, nous allons faire de la randonnée, et cela a changé ma relation avec ma fille, merci Groundspeak ! » Et nous nous sommes dit que, si nous pouvons faire cela pour une personne, nous pouvons le faire pour plus de gens.

Quels pays considérez-vous comme les plus actifs?

Je pense que l’Allemagne est l’un des plus actifs, sinon le plus actif dans le monde. Les États-Unis certainement. Il y a beaucoup de pays en Europe qui sont très actifs, la République Tchèque est très importante. Si je devais donner les trois premiers, ce serait l’Allemagne, la République Tchèque et les États-Unis. Le Royaume-Uni aussi est très actif.

Au cours de ces 12 ans, le site web, les fonctions premium, etc. ont été développés. Quels changements pouvons-nous espérer en 2013?

Sans être précis en termes de fonctionnalités, je pense que les objectifs globaux pour le géocaching est que les gens apprennent plus facilement à jouer. Une fois qu’ils sont impliqués, nous voulons faciliter leur contribution à la créativité de la communauté, pour créer de bonnes caches. Je pense que ce serait bien de travailler sur les questions de saturation. Vous voyez un peu cela en Allemagne, il y a tellement de caches : Comment valoriser les belles géocaches, et pour les géocacheurs qui ont créé des caches qui ne sont pas si belles, considérer un éventuel archivage de sorte que quelqu’un d’autre puisse placer une belle cache. Comment rendre le géocching plus attrayant et plus interactif ? C’est un sujet. Je pense qu’avec l’arrivée des smartphones, nous avons de nouvelles possibilités. Nous avons la capacité de fournir des expériences multimédia, nous avons la capacité de délivrer une nouvelle créativité, en utilisant la technologie qui est à notre disposition. En utilisant le fait que ces appareils sont maintenant connectés, vous n’avez donc pas nécessairement à télécharger quelque chose puis aller le jouer. Même maintenant, le jeu a tellement changé. Vous pouvez aller dans une ville sans rien planifier, allumer votre appareil et dire «montre-moi ce qu’il y a ici», puis aller jouer. Et cela change la façon de jouer. Comment exploiter ces dispositifs pour donner à la communauté des outils pour créer des expériences interactives plus attrayantes ? Je pense que c’est une des choses sur lesquelles nous nous concentrons.

Nous attendons tous avec impatience !

Nous sommes tous impatients. Vous savez qu’il faut du temps, et il faut des ressources. Il y a beaucoup d’entreprises qui diraient « OK, allons-y, levons de l’argent, faisons une introduction en bourse… ». Nous n’avons jamais adopté cette approche. Nous avons toujours dit que nous ne nous financerons jamais à l’extérieur. Nous avons compté sur la communauté pour aider à soutenir le jeu. Et donc grâce l’abonnement premium, aux ventes de l’appli, de marchandises, de trackables, c’est ainsi que nous nous sommes construits. Grâce à la communauté, nous n’avons pas eu à demander à quelqu’un d’autre. Personne ne peut pas venir dire « vous devez arrêter les inscriptions gratuites, tout devrait être payant. Faites plus d’argent… ». Nous sommes moins soucieux de faire plus d’argent que de faire assez d’argent pour soutenir les opérations et de nous permettre de faire le genre de choses que nous voulons faire. Et tant que nous pouvons rester indépendant comme cela, alors nous avons la capacité de vraiment servir la communauté comme elle doit l’être. Parce qu’il ne s’agit pas de quelqu’un qui arrive en profitant de la communauté. Ça pourrait arriver. Et nous pensons que cela fait partie de notre rôle de vous assurer que cela ne se produise pas. Et vraiment, nous nous appuyons sur la communauté. Si tout le monde se mettait à dire « je ne renouvelle plus mon adhésion premium », nous aurions un gros problème. Mais heureusement, je pense que suffisamment de gens dans le monde apprécient ce que nous avons fait jusqu’ici et ce que nous essayons de faire, pour être prêts à nous soutenir. Et tout cela va jusqu’au fait que nous avons un très bon groupe d’employés qui sont vraiment préoccupés par la construction de bons produits et par un service toujours meilleur à la communauté. C’est quelque chose que nous disons tout le temps, Jeremy et moi. C’est le moment le plus excitant pour le géocaching, cela n’a jamais été aussi excitant : Parce que maintenant, vous n’avez pas besoin d’un dispositif GPS à 600$ pour jouer. Beaucoup de gens ont juste leurs téléphones dans leur poche. Et OK, il y a une application de 10 $. C’est un peu cher pour une application. Mais comparé à un GPS, ce n’est pas cher du tout. Mais nous avons également une application gratuite, alors comment pouvons-nous modifier cette application gratuite afin que ce soit mieux pour que plus de gens puissent essayer gratuitement ? Si nous faisons du bon travail et qu’ils apprécient, peut-être qu’ils envisageront de soutenir le site et nous aider à faire mieux.

En Allemagne, nous constatons des conflits entre géocacheurs, propriétaires, chasseurs, gardes forestiers… Est-ce que Groundspeak est au courant ?

La réponse courte est oui. Nous le savons très bien, en particulier en Allemagne. Mais c’est une question qui n’est pas qu’en Allemagne. Je pense qu’il y a toujours eu des problèmes avec les utilisateurs des terrains publics. Le géocaching est donc une nouvelle activité, et donc il y aura toujours ce dialogue. Certaines personnes ressentent ceci « j’ai mon passe-temps et personne d’autre ne devrait avoir accès à ces terrains». Et d’autres disent « Oh non, vous avez tort, mon hobby est le seul ». Et je pense que la seule façon de résoudre vraiment cela, c‘est à travers un dialogue où tout le monde est prêt à coopérer. Je pense en particulier en Allemagne, nous avons vraiment fait de très bons progrès au cours de la dernière année. L’année dernière, ils nous ont contactés et nous ont invités à assister à une conférence, et nous avons envoyé un de nos employés qui est une ancienne bénévole (reviewer), impliquée dans la communauté depuis dix ans maintenant, et aussi familière avec la chasse. Donc nous l’avons envoyée, et un certain nombre de volontaires en Allemagne ont aussi assisté à cette conférence – pour s’asseoir et parler avec les gens, écouter leurs préoccupations, et pour qu’ils écoutent aussi nos préoccupations. Et vraiment nous voulons travailler avec toutes les parties concernées à essayer de trouver un équilibre. Et je pense qu’un équilibre ne signifie pas que le chasseur doit quitter le terrain, ni que les géocacheurs doivent quitter le terrain. C’est plutôt quelque part au milieu, et comment pouvons-nous le partager de manière à ce que la nature et les animaux n’en soient pas affectés négativement. Et je pense qu’il doit y avoir un niveau de respect pour les gens qui possèdent le terrain. Même ici aux États-Unis, s’il y a un propriétaire qui vient à nous en disant « j’ai trouvé une géocache sur mon terrain, et je n’en veux pas ici » et si nous lui répondons « désolé mais ça va rester, le géocaching  c’est très sympa », à long terme, nous aurons de gros problèmes. Et donc nous devons coopérer et être réactifs  en disant « si c’est votre terrain et que vous ne voulez pas de geocaching, ok, nous allons nous assurer qu’il n’y aura pas de géocacheurs sur votre propriété ». Cependant, si vous gérez un parc, et vous dites « je viens de découvrir le géocaching, mais je ne veux pas de tout ça », alors nous vous répondons « Hé bien, libérez votre parc. Vous voulez que les gens viennent dans votre parc, que les familles avec des enfants viennent dans votre parc, que les gens viennent apprécier la nature, que les personnes âgées viennent profiter du parc ? Si c‘est votre objectif, alors laissez-nous vous expliquer comment le geocaching peut vous aider dans cet objectif et comment nous pouvons amener les gens à le visiter et les éduquer sur la conservation de la nature… » . Et je pense que seul ce type de dialogue peut résoudre cela. Et je sais que depuis la conférence, tous les bénévoles locaux ont travaillé avec cette organisation et les propriétaires fonciers. Je parlais avec un d‘entre eux sur Skype hier parce que la nouvelle conférence est dans deux semaines. Nous leur envoyons du matériel, et nous allons continuer sur ce dialogue. Mais l’une des choses qu’il m’a dites est que c’était l’une des meilleures choses que nous ayons fait l‘an dernier, parce que maintenant nous avons une relation et nous pouvons en parler. La première étape est vraiment de se présenter et de comprendre chaque préoccupation et objectif. Et puis, en s’asseyant ensemble, nous pouvons travailler vers une solution. Je pense que c’est parce que l’Allemagne est si passionnée, et la façon dont nous gérons ce sujet fait que l’Allemagne est pionnière. Donc ce que nous voyons en Allemagne aujourd’hui, nous allons le voir ailleurs dans le monde dans les prochaines années. Et donc trouver comment faire va nous aider à l’avenir à le répéter de la bonne manière, partout ailleurs dans le monde. Et sans les efforts des bénévoles qui sont là-bas, qui se soucient du géocaching et qui contribuent à améliorer le jeu pour la communauté, pour la nature, pour eux-mêmes, pour leurs enfants, sans les efforts de ces gens, nous ne pourrions pas le faire.

En ce qui concerne l’internationalisation, envisagez-vous de créer des agences dans d’autres pays, dans les pays les plus actifs comme l’Allemagne, afin que les gens puissent mieux vous contacter. Ou peut-être embaucher des employés allemands aux États-Unis?

Absolument. C’est un peu difficile de le faire sur le plan logistique. Il faut des ressources financières pour le faire, mais en même temps, c’est un de nos objectifs d’avoir une présence en Europe. Je ne suis pas sûr exactement où ce sera situé pour commencer. Mais je pense que nous aimerions avoir au moins un bureau en Europe, potentiellement en Allemagne, peut-être au Royaume-Uni. Mais nous en sommes à explorer cela pour le moment. Cela ne se fera pas dans les six prochains mois, peut-être l’année prochaine, peut-être dans les deux prochaines années. Et je suis excité parce que j’aime aller à l’étranger et visiter…

Qu’attendez-vous à l’avenir, où voyez-vous le géocaching en disons cinq, dix ou vingt années?

Dix ou vingt ans, je n’en ai aucune idée. Cela dépendra de l’évolution de la technologie. Parce que nous avons des millions de personnes à travers le monde qui sont des individus créatifs et qui cherchent à partager des expériences avec d’autres personnes dans le monde. Donc, les premières expériences ont été « aller à cet endroit et trouver une boîte « , c’était un bel endroit et les gens ont dit » c’était génial, merci pour la cache ! ». Puis il y a eu des choses comme des multi-caches et des mysteries. Et puis il y a des caches comme « opération crocodile » en Allemagne. Avez-vous entendu parler de cette cache? Maintenant, elle est archivée. C’était une cache de nuit qui prenait 6 heures et c’était une aventure avec un scénario où vous jouiez comme un espion et où vous deviez traquer des missiles. Et donc c’était une aventure où vous vous sentiez comme Indiana Jones. C’est presque comme un jeu de rôle. Ce que nous envisageons pour l’avenir du geocaching, c’est de donner à la communauté la possibilité de créer des aventures plus engageantes pour les autres. Alors, à quoi cela ressemblera-t-il dans cinq ans… Espérons que vous pourrez aller à un nouvel endroit et activer votre smartphone et en disant « geocaching.com, dis-moi les choses amusantes que je peux faire autour de moi. » Mais nous ne serons jamais l’entreprise qui vous dira « ici il y a un restaurant » ou « voici votre trajet jusqu’à la maison de votre grand-mère ». Nous voulons délivrer du plaisir, nous voulons délivrer une aventure. Donc, notre objectif en tant qu’entreprise, c’est de nous assurer qu’où que que vous soyez dans le monde, vous avez accès à des aventures amusantes que vous pouvez jouer vous-même, avec votre équipe, avec votre famille… A un certain degré, nous le faisons déjà, et c’est merveilleux. Nous sommes presque à 2 millions de géocacheurs, et cela représente 2 millions d’aventures. Pour certaines personnes, les randonnées qui durent deux jours, où ils doivent camper, juste pour trouver une cache, c’est leur aventure. Pour d’autres, c’est faire la E.T. Hightway, et trouver un millier de caches en 24 heures, louer une camionnette, conduire avec leur équipe, et c’est leur aventure. Mais je pense que, en tant qu’entreprise, ce n’est pas notre travail de décider quelle doit être l’aventure pour tout le monde. C’est notre travail de nous assurer que les gens qui veulent créer une aventure, ont un public pour ce type d’aventure. Et que les gens qui cherchent l’aventure aient accès aux créations de la communauté qui sont ce qu’ils considèrent comme une aventure. La technologie change tous les jours. D’année en année, nous obtenons de plus en plus de morceaux du puzzle auquel nous pouvons jouer avec, comme un ensemble d’outils pour créer une aventure.


Un rapide avis sur cet interview… Le personnage semble passionné et de bonne volonté, mais je n’ai pas vraiment vu les changements évoqués dans cet entretien datant de 2013… « Faciliter leur contribution à la créativité de la communauté, pour créer de bonnes caches » : Peut-être le Maker Madness il y a quelques temps, mais sinon les caches standards prolifèrent. Une agence en Europe ?… « Comment pouvons-nous modifier cette application gratuite afin que ce soit mieux pour que plus de gens puissent essayer gratuitement » : L’appli s’est-elle améliorée pour les débutants ? « Donner à la communauté la possibilité de créer des aventures plus engageantes » ? Cela pourrait être via les Wherigo, mais leur site wherigo.com est à l’abandon… Bref, je suis resté un peu sceptique !

Liens :

2 réflexions sur “Bryan Roth, co-fondateur de Groundspeak

  1. Merci pour la traduction-synthèse.
    J’ai lu avec intérêt quels étaient les pays les + développés en GC. Et du coup j’ai été regarder la carte de l’Allemagne : très très impressionnante la densité de caches ; et la très forte proportion de multis et de mysteries ! (land de Stuttgart, par exemple)
    Et la question qu’ils se posent de pouvoir archiver les caches quelconques pour laisser la place à des caches élaborées.
    Merci pour le lien de « Opération crocodile » en Allemagne ; je vais y jeter un oeil (dès que mon cerveau sera reconnecté sur l’allemand hi hi)

    • Pour l’Allemagne, j’ai entendu qu’il y avait des dérogations pour rapprocher certaines caches à moins de 161m… je ne sais pas si c’est vrai, mais si oui, son discours en prendrait un sacré coup😉

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